Quatre découvertes du mois : le poisson-hachette Carnegiella strigata, le minuscule Danio tinwini, le guppy de la variété Koï Tuxedo et l’Hygrophila polysperma « Sunset ».
Carnegiella strigata Günther, 1864
Cette petite espèce d’environ 4 cm est répandue dans les ruisseaux d’eaux noires de toute l’Amazonie. Proche des tétras, C. strigata est l’espèce la plus connue de la famille des Gasteropelecidae, appelée poissons-hachettes : ce surnom provient de sa forme typique. Avec ses pectorales, il peut planer au-dessus de la surface de l’eau sur presque 1 m pour se nourrir de moucherons et échapper aux prédateurs, par un décollage vertical puissant.

Avec sa bouche supère, il se nourrit d’insectes et de leurs imagos. En aquarium, l’idéal serait des drosophiles vivantes, mais il mange aussi les larves de moustiques vivantes ou congelées, les paillettes et les micro-granulés flottants. La reproduction a été réussie en 2011 par l’éleveur allemand Rüdiger Latka avec un groupe de 8 sujets dans 60 litres, car il n’existe pas de dimorphisme sexuel.
Une dizaine de hachettes, dans 60 litres minimum, apprécie un bac d’ensemble avec de belles plantes recourbées en surface telles que les espèces de Vallisneria ou des plantes flottantes. Pacifiques, il leur faut des compagnons calmes qui n’occupent pas la surface. Des études génétiques récentes montrent qu’il existe plusieurs espèces dans le complexe Carnegiella strigata.
Disponible en ce moment auprès d’Aquaterra-Diffusion. Texte : Frédéric Potier — Photos : Frédéric Fasquel.
Danio tinwini Kullander & Fang, 2009

Ce petit cyprinidé de la nouvelle famille des Danionidae est originaire du Myanmar (ex-Birmanie). Décrit tout récemment en l’honneur du collecteur U Tin Win, même si son exportation sporadique a débuté à la fin du XXe siècle. C’est l’un des plus petits Danio, qui n’atteint même pas 3 cm. Calme et grégaire, il faut le garder en groupe d’une dizaine de spécimens au minimum dans un bac richement planté. Il peut s’accommoder d’un nano-bac mais il sera plus à l’aise à partir de 50 litres.
Il préfère une eau douce et légèrement acide, presque tempérée, entre 20 et 24 °C, même s’il peut supporter des valeurs plus élevées qui accélèrent son vieillissement. En captivité, il peut vivre entre 2 et 3 ans. Il va plutôt parcourir sans cesse la partie inférieure du bac avec ses congénères, toujours à la recherche de quelque chose à picorer. Il se nourrit facilement de micro-granulés et de petites paillettes qui coulent vers le fond, mais il apprécie tout particulièrement les petites proies vivantes comme les cyclopes, daphnies et nauplies d’artémia.

Le dimorphisme sexuel n’est visible que lorsque la femelle, un petit peu plus grande que le mâle, est gravide. Elle présente un embonpoint marqué alors que le mâle reste svelte. La reproduction est possible dans un petit bac à partir de 20 litres. Elle est similaire aux autres petites espèces du genre Danio.
Disponible en ce moment auprès du Comptoir du Poisson Exotique. Texte : Gilles Mirand — Photos : Frédéric Fasquel.
Poecilia reticulata Peters, 1859, variété Koï Tuxedo

Il existe aujourd’hui un nombre extraordinaire de variétés de guppys ; celle-ci se singularise par des femelles extrêmement colorées et des mâles à queue ronde. Elle est apparue en Asie vers 2010 et 5 ans plus tard en Europe. Elle a été obtenue à partir du Kohaku et du Tuxedo rouge standard. Les plus beaux mâles ont une dorsale en drapeau rouge corail et un corps noir presque uniforme. Les femelles ont tout l’arrière du corps noir, ce qui fait un contraste saisissant avec le dessus de la tête et la queue rouge. Elles restent d’une taille similaire à celle des mâles.
La maintenance, tout comme l’alimentation et la reproduction, sont identiques à toutes les autres variétés de guppys (voir AQYA n°6). Pour conserver le standard du Koï Tuxedo, il faudra les garder isolés des autres variétés de guppys. Une touffe de mousse de Java, du Ceratophyllum et des plantes flottantes offriront un refuge protecteur pour les alevins. Un apport de nourriture vivante et des petits changements d’eau fréquents favoriseront sa reproduction. La cohabitation avec les poissons de fond tels que Corydoras, loricaridés ainsi que les crevettes est excellente ; en revanche, les petits tétras risquent de manger une partie des alevins.

Disponible en ce moment auprès du Comptoir du Poisson Exotique. Texte : Gilles Mirand — Photos : Frédéric Fasquel.
Hygrophila polysperma Anderson, 1867, variété Sunset
C’est une plante palustre de la famille des Scrophulariaceae, originaire du Pendjab en Inde. Elle est utilisée en aquariophilie depuis 70 ans, mais la variété Sunset est apparue beaucoup plus tard, vers 1980. Cette coloration particulière est due à une absence de chlorophylle dans les nervures, causée par une maladie virale inoffensive qui ne contamine pas les autres plantes. Elle est aussi connue sous le nom de « Rosanervig ».


Comme la forme originelle, sa culture est facile et sa croissance rapide. Elle a cependant besoin d’une lumière plus intense, qui permet aussi aux feuilles supérieures de prendre une teinte rose orangée, d’où son appellation de Sunset. En aquarium, elle peut atteindre 50 cm : elle sera donc utilisée plus facilement en arrière-plan. Pour une taille basse, il faudra la couper toutes les semaines. Elle peut supporter une eau dure, une température entre 20 et 28 °C et un sol relativement pauvre. L’apport d’engrais et de CO₂ accélère sa croissance. La multiplication végétative par bouturage de la tête permet de former rapidement un massif important. Cette plante est commercialisée en bouquets, en pots ainsi qu’en culture in-vitro.
Disponible en ce moment auprès de Dennerle Plants. Texte : Gilles Mirand — Photos : Frédéric Fasquel.
📖 Cet article est paru dans AQYA n°7 (août-septembre 2026). Téléchargez le numéro complet en PDF.
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