Ancistrus sp. Rio Itenez L519, une espèce nouvelle venue de Bolivie

Découvert en Bolivie lors d’une expédition de collecte en 2018, ce petit Ancistrus au motif en filet spectaculaire ne dépasse pas 8 cm. Tous les individus commercialisés aujourd’hui proviennent de cette unique souche sauvage.

Certaines associations aquariophiles allemandes organisent régulièrement, avec toutes les autorisations locales nécessaires, des expéditions dans différents pays d’Amérique du Sud, pour observer et collecter des espèces de poissons et d’invertébrés adaptés à nos aquariums. En 2018, l’association IGBSSW organise l’expédition baptisée « SiluCha » en Bolivie, car il y a de nombreuses espèces mais où aucune structure de collecte n’est en mesure d’exporter des poissons exotiques.

Lors de cette expédition, le président de l’association, Daniel Konn-Vetterlein, découvre un petit Ancistrus extrêmement coloré dont les motifs en filet sont attrayants. Quelques individus sont autorisés à être prélevés puis ramenés en Allemagne. Ils se reproduiront un an après. Tous les individus actuellement commercialisés proviennent de cette souche sauvage.

Tête d'un Ancistrus sp. Rio Itenez L519 mâle adulte
Ancistrus sp. Rio Itenez L519, tête d’un mâle adulte.

Sur place, lors des collectes, les observations montrent déjà une importante variabilité du fond de coloration : certains individus, plus jeunes, présentent une couleur ocre orangée, alors que les individus plus âgés montrent une coloration grise argentée. Les striures régulières noires sur tout le corps offrent un contraste magnifique avec la couleur de fond. Ce motif en écailles de reptiles est étonnant. Lorsque ce poisson devient adulte, à une taille d’environ 8 cm, le motif en filet se resserre et sa coloration fonce un peu. Sa petite taille le rend accessible à de nombreux aquariophiles et adapté à des aquariums à partir de 100 litres. C’est un excellent mangeur d’algues qui apprécie également les racines de bois naturel.

En aquarium, il faut veiller à lui offrir de nombreuses cachettes, constituées de branches naturelles, de demi-noix de coco retournées, de galets arrondis juxtaposés et de plantes naturelles afin de lui assurer un abri au sol. Peu sensible à la qualité de l’eau, une température de 24 °C est optimum. Une excellente filtration permet une bonne oxygénation et un retrait rapide des déchets excédentaires.

Ancistrus sp. L519, face ventrale.

Cet Ancistrus accepte toutes les nourritures lyophilisées et congelées ainsi que des pastilles complètes, même s’il affectionne les algues. Dans un aquarium de 250 litres, un petit groupe d’individus permet à un ou plusieurs couples de se former naturellement. Cette magnifique espèce tolère toutes les autres espèces de poissons de taille similaire. Les poissons dépassant 30 cm ou trop agressifs, dont les autres grands loricaridés de type Acanthicus, Leporacanthicus ou Pseudacanthicus, sont à éviter.

Cette espèce se reproduit comme toutes celles du genre Ancistrus : les mâles possèdent des barbillons un peu plus allongés que les femelles et des odontodes plus larges. Ils établissent un territoire autour d’une grotte, un dessous de racines ou de roches bien abritée. L’abri choisi, la femelle dépose ses ovules. Le mâle les féconde, chasse la femelle et surveille les œufs. Pour plus de détails, référez-vous à l’article sur les Ancistrus du numéro 5 d’AQYA.

Ces poissons d’élevage sont disponibles en France auprès de la société Aquaterra-Diffusion. Texte et photos : Frédéric Potier.


📖 Cet article est paru dans AQYA n°7 (août-septembre 2026). Téléchargez le numéro complet en PDF.