La multiplication végétative est une méthode de propagation permettant de produire de nouvelles plantes possédant exactement la même constitution génétique et la même apparence physique que le parent d’origine. Elle officie en tant que reproduction complémentaire non sexuelle (à partir de graines). Après avoir abordé la technique du bouturage (cf AQYA n°3), voici d’autres méthodes de multiplication végétative facile à mettre en œuvre à la maison.
L’avantage des méthodes de reproduction végétative est de conserver le matériel génétique du parent. Cela signifie que la plante fille obtenue conserve les mêmes caractères tant que les conditions de croissance restent similaires.
La reproduction végétative naturelle existe lorsqu’un bourgeon axillaire se développe en une pousse latérale qui émet ensuite ses propres racines. Ces ensembles végétaux comprennent les stolons, les rhizomes et les bulbes.

La division de touffes
Cela concerne pour l’aquariophile un certain nombre de Cryptocoryne. Il suffit de désolidariser délicatement le pied mère du substrat puis de séparer les différents pieds les uns des autres (individuellement ou en paquet). Pour faciliter la plantation de ces derniers, il est préférable de réduire la longueur des racines en utilisant une paire de ciseaux par exemple.

La reproduction par stolons
Cela concerne beaucoup de plantes. Les stolons sont des rejets plus ou moins longs issus de la plante mère. Ils apparaissent au niveau du collet de la plante et peuvent courir au sol, pied après pied, jusqu’à coloniser une grande surface. Les jeunes plantes ainsi propagées ne doivent pas être séparées trop tôt. Il faut attendre que leurs racines soit bien développées et qu’elle portent entre trois et cinq feuilles afin de faciliter leur implantation future. Dans ce groupe, on trouve les représentants des genres Sagitteria, Vallisneria et certaines Cryptocoryne et Echinodorus.
Les plantes flottantes ont une multiplication intéressante et spontanée, se développant aussi à partir de stolons. Ainsi, Limnobium laevigatum, Phyllantus fluitans, Spirodela polyrhiza et autre Salvinia auriculata sont précieuses pour leur fort développement en surface, apportant de l’ombre aux strates inférieures de l’aquarium.
La formation de plantules sur les inflorescences des Echinodorus spp. facilite leur propagation. Elles apparaissent au niveau des hampes florales qu’il suffit de faire courir sous la surface de l’eau jusqu’à obtention d’un nombre de feuilles adéquat et d’un racinaire suffisamment développé.



La division des plantes à rhizomes
Elle est très facile à réaliser. Le rhizome fait office de réserve nutritive. Cela permet à la plante de vivre pendant la période de repos végétatif et de se fixer au support par ses racines. Les ramifications qui découlent de sa croissance sont les parties que l’on va privilégier pour propager celle-ci par une coupe nette. Les genre Anubias spp. et Bucephalendra spp. sans oublier les fougères telle que Bolbitis spp et Microsorum pteropus sont bien connus pour cette méthode de multiplication. Lorsque la partie du rhizome est dépourvue de feuilles, il est aussi possible de couper des tronçons de 2 à 3 centimètres et de laisser ces derniers flotter dans l’eau. A terme, les bourgeons axillaires vont se réveiller, laissant apparaître de nouvelles feuilles. Sous un éclairage puissant, avec une fumure au gaz carbonique, le développement est relativement rapide.


La culture in vitro
Pour clôturer ce sujet, abordons cette multiplication végétative qui ne peut être réalisée qu’en laboratoire. Il s’agit de la culture in vitro connue aussi sous le nom de multiplication végétative par culture de méristèmes. Cette culture permet aux aquariophiles d’obtenir des plantes compliquées à multiplier ou à croissance lente. Anubias, Cryptocoryne, Echinodorus se prêtent bien à cette technique.


Remerciements : à Aquatic Plant Centre Thaïland pour les informations et la visite du laboratoire.
Glossaire
Culture in vitro ou tissulaire : La culture in vitro ou CIV (aussi appelé « micropropagation ») est une technique visant à régénérer une plante entière à partir de cellules ou de tissus végétaux en milieu nutritif, en utilisant des techniques modernes de culture cellulaire. Elle permet de garder des plants stériles, exempts de virus et autres infections en plus de pouvoir produire rapidement une grande quantité de plantules.
Méristème : Un méristème est un groupe de cellules végétales indifférenciées qui ont la capacité de se diviser par mitose un nombre indéfini de fois.
Rhizome : tige souterraine, principalement horizontale, qui porte des racines et des tiges aériennes.
Texte : Michel Dantec — Photos : Frédéric Fasquel
📖 Cet article est paru dans AQYA n°4 (janvier 2026). Téléchargez le numéro complet en PDF.