Dicrossus warzeli

Dicrossus warzeli mâle adulte, cichlidé nain sud-américain

Décrite seulement en 2010, c’est l’espèce la plus rare de son genre. Elle fut importée pour la première fois en Europe en 1992, par le regretté aquariophile et chercheur allemand Frank Warzel, fin connaisseur des cichlidés nains qui l’observa dans l’Igarapé Pimental, plan d’eau permanent alimenté par un affluent du fleuve Tapajos, près de la ville de Sao Luis do Tapajos.

Le micro-biotope de ce poisson est typique des cichlidés nains, des eaux noires ou cristallines, fond de fin sable blanc recouvert de feuilles et de petites branches, dans lesquelles Dicrossus warzeli évolue et picore sur les feuilles qui gisent au fond de l’eau. Il prend le bord des feuilles en bouche puis les retourne en les amenant sur une zone de sable plus tranquille pour les inspecter.

Dicrossus warzeli mâle adulte, cichlidé nain sud-américain
Dicrossus warzeli mâle adulte hors période de reproduction.

En période de reproduction, au début de la saison des pluies, les mâles atteignent 8 cm alors que les femelles font tout juste 5 cm. Le couple défend le territoire autour d’une feuille qu’il a soigneusement nettoyé. Les conditions de l’eau sont intéressantes, le pH oscille entre 5.5 et 6.5, et la température varie entre 24°C et 26°C. C’est plus facile à reproduire que celles des eaux noires très acides de certains affluents de l’Amazone tels que le Rio Negro, le Rio Abacaxis ou encore le Rio Tefe.

Dicrossus warzeli femelle adulte, cichlidé nain sud-américain
Dicrossus warzeli femelle adulte hors période de ponte.

Pour maintenir l’espèce, 80 à 100 litres d’eau suffisent pour un couple. Le décor sera constitué d’un lit de feuilles (chêne, catappa, …) sur un fond de fin sable blanc avec quelques branchages et de petites Echinodorus. Des plantes de surface assombriront le bac pour rassurer les poissons. Ils tolèreront la compagnie de petits characidés des genres Nannostomus, Cheirodon, … ainsi que Corydoras et Otocinclus. Les sujets sauvages du genre Dicrossus sont assez fragiles et sensibles aux polluants alors que les sujets d’élevage sont plus tolérants.

Pour les reproduire, il faut adoucir l’eau puis l’acidifier lentement afin d’arriver à un pH de 5 et un kH de 1°. La température pourra être poussée à 27°C. Lors des parades nuptiales, femelle et mâle changent de motifs. Au lieu de stries discontinues, la femelle présente une barre noire centrale foncée et le mâle un ocelle noir sous les premiers rayons de la dorsale. La femelle nettoie activement la feuille qu’elle a choisie comme support de ponte. Après celle-ci, elle chasse le mâle et s’occupe seule de ventiler les œufs (une cinquantaine, en fonction de l’âge des géniteurs). À 26°C, l’éclosion a lieu 60 heures après.

À la résorption du sac vitellin, des rotifères et des anguillules du vinaigre seront distribués puis des nauplies d’artémias après la première semaine. L’espèce est désormais disponible en élevage mais son prix reste encore assez élevé.

Dicrossus warzeli couple adulte en aquarium
Dicrossus warzeli couple adulte.

Ces poissons sont disponibles en France auprès de la société AQUATERRA DIFFUSION.

Texte et photos : Frédéric Potier


📖 Cet article est paru dans AQYA n°6 (mai-juin 2026). Téléchargez le numéro complet en PDF.

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