L’apogon pyjama Sphaeramia nematoptera (Bleeker, 1856)

L'apogon pyjama Sphaeramia nematoptera entre les branches de Porites cylindrica, son corail de prédilection

Lorsque l’aquariophile marin se met en quête d’espèces de poissons de taille modeste au comportement pacifique, il ne peut manquer de porter son attention sur la famille des Apogonidae. En magasin, il sera souvent attiré par le très coloré Sphaeramia nematoptera.

Une grande famille

Connu depuis les débuts de l’aquariophilie marine, l’apogon-pyjama fait partie de la foisonnante famille des apogonidés répartie en 26 genres et plus de 250 espèces mais seulement 2 dans celui de Sphaeramia : S. nematoptera et S. orbicularis. Autrefois connu sous le taxon Apogon nematopterus, c’est un grand classique de l’aquariophilie marine qui fut un temps concurrencé dans les bacs de vente par Pterapogon kauderni. Ce dernier, plus rare dans le milieu naturel, est endémique des îles Banggai en Indonésie. Son cycle de reproduction complet, bien plus facile à mener à bien en aquarium permet à l’amateur d’obtenir des spécimens d’élevage. Cependant S. nematoptera à la livrée colorée et originale, sans danger pour les coraux et très paisible, est toujours digne d’un grand intérêt. Il mérite parfaitement sa place dans nos bacs qu’ils soient piscicoles ou récifaux.

Apogon pyjama Sphaeramia nematoptera adulte aux couleurs vives
L’apogon pyjama Sphaeramia nematoptera, un grand classique de l’aquariophilie marine.

Une grande aire de répartition

Bien que son aire de répartition soit assez vaste, Sphaeramia nematoptera se rencontre exclusivement dans l’océan Pacifique tropical ouest. Il peut être aperçu dans les récifs d’une zone s’étendant de Java jusqu’aux îles Tonga en passant par la Nouvelle-Calédonie et du sud du Japon à la grande barrière de corail australienne.

Jamais loin de son corail

Son physique râblé et la conformation de ses nageoires font de S. nematoptera un bien piètre nageur. Ce petit poisson plutôt statique affectionne donc les baies calmes et abritées ne nécessitant pas un grand déploiement d’énergie pour se maintenir dans la colonne d’eau. On le rencontre, rarement à des profondeurs allant au-delà de 6 mètres, en groupe pouvant compter jusqu’à une trentaine d’individus parfois de taille très variable, dans lequel on trouve plusieurs générations.

Des découvertes récentes ont pu démontrer que la cohésion du groupe passe par une communication propre à l’espèce. En effet, cette étude confirme que les apogons, plus particulièrement S. nematoptera, utilisent des sons pour la défense territoriale et la reconnaissance sociale. Ces sons brefs sont produits par la contraction des muscles pharyngiens.

Sphaeramia nematoptera sub-adulte juste sous le sommet du corail
Sphaeramia nematoptera sub-adulte juste sous le sommet du corail.

En pratique, les différents individus sont éparpillés au sommet des massifs de coraux branchus du genre Porites (typiquement l’espèce P. cylindrica) et non en colonies denses comme Zoramia leptacantha qui affectionne le même biotope. Les jeunes vont aussi parfois se réfugier parmi les tortueux réseaux constitués par les Anacropora sp. En milieu naturel, les Acropora sp. sont quant à eux très rarement choisis, mais en aquarium, ils peuvent constituer une alternative efficace.

La journée, ils restent à la périphérie immédiate de ces colonies coralliennes qu’ils utilisent comme site de repos et de protection face aux éventuels prédateurs en se réfugiant profondément entre leurs branches. Ils partagent cet espace avec d’autres espèces d’apogons aux mœurs similaires. Ainsi, il est très fréquent de les rencontrer en compagnie de colonies plus ou moins importantes de Taeniamia zosterophora qui eux aussi sont totalement inféodés aux massifs de Porites cylindrica.

Sphaeramia nematoptera sous un groupe de Taeniamia zosterophora et des Ostorhinchus compressus
Sphaeramia nematoptera seul adulte visible sous le groupe de Taeniamia zosterophora et en arrière-plan quelques Ostorhinchus compressus dans leur biotope caractéristique.

Ce sont d’excellents colocataires pour les aquariums à partir de 250 litres même s’ils sont plus rarement importés en Europe car trop méconnus des aquariophiles. Il en va de même pour Ostorhinchus compressus qui se montre beaucoup moins timide tout en vivant en groupe beaucoup moins important. De même, il est à noter qu’ils cohabitent couramment avec la demoiselle la plus connue des aquariophiles, Chromis viridis mais aussi la petite Chromis retrofasciata et la demoiselle jaune citron Pomacentrus moluccensis, toujours présente parmi les buissons de coraux durs. C’est aussi le territoire du petit labre rayé Pseudocheilinus hexataenia, qui se révèle un auxiliaire très apprécié dans les bacs récifaux pour réguler les invasions de planaires.

Sphaeramia nematoptera partage son territoire avec des apogons et la demoiselle Chromis viridis
S. nematoptera partage son territoire avec d’autres apogons et des demoiselles dont la célèbre Chromis viridis.

Les mœurs de S. nematoptera étant plutôt crépusculaires, ils ne s’éloignent de leurs abris que très tôt le matin au lever du soleil et le soir au coucher lorsque la luminosité est encore suffisante et que l’hydrodynamisme est au plus faible. Ils se nourrissent alors du plancton et de petits crustacés pélagiques remontant des profondeurs. C’est aussi à ce moment-là, qu’ils croisent les mandarins, Synchiropus splendidus, remontant quant à eux des parties basses des massifs de Porites pour se reproduire ainsi que les crevettes des genres Rhynchocinetes et Saron si discrètes pendant la journée.

Une coloration originale

L’apogon pyjama qui peut atteindre les 8 cm, est un petit poisson au corps arrondi (Sphaeramia = sphère) élevé et comprimé latéralement dont la coloration se compose de 3 parties bien distinctes.

La tête est jaune tandis que la partie postérieure du corps est blanche tout en étant parsemée de gros points marron orangé évoquant paraît-il un pantalon de pyjama (mais qui n’a jamais porté un pyjama à points orange). Le corps dans sa partie médiane est traversé de haut en bas par une large bande noire qui chez les jeunes spécimens s’étend de la dorsale à la ventrale. Une autre bande verticale noire plus fine orne la base du pédoncule caudal.

Les nageoires sont d’un blanc pâle translucide hormis les deux pelviennes et la première dorsale qui arborent un jaune tirant vers le brun.

Sphaeramia nematoptera sub-adulte avec le filament caractéristique de la dorsale
Sphaeramia nematoptera sub-adulte aux couleurs vives avec le filament caractéristique de la dorsale.

Toutes les nageoires sont arrondies exceptées les 2 dorsales qui sont triangulaires et pointues. Le nom d’espèce « nematoptera » (du grec : nêmato = fil et ptero = aile) fait référence au long filament arboré par la dorsale arrière. Il est à noter que celui-ci s’oriente naturellement brusquement vers l’arrière donnant le sentiment d’une cassure accidentelle alors qu’il n’en est rien. La caudale pour sa part comporte 2 lobes bien distincts et arrondis.

L’œil caractéristique des poissons aux mœurs nocturnes est grand et de couleur rouge orangé avec une pupille noire. Deux barres de couleur jaune le traversent verticalement à l’avant et à l’arrière.

Sphaeramia nematoptera adulte, nageoires dorsale et anale caractéristiques
Sphaeramia nematoptera adulte : il est facile de comprendre pourquoi les nageoires (dorsale et anale) ont inspiré celui qui l’a décrit.

Les écailles de bonne taille sont cténoïdes (leur partie arrière est dentelée à la manière d’un peigne) et liserées de noir. Elles habillent ainsi le poisson d’une sorte de résille tout à fait seyante. Enfin, la bouche qui est assez grande, le dessous des yeux ainsi que la bordure des pelviennes sont relevés d’un fin liseré bleu électrique du plus bel effet.

Il est à noter, que ces couleurs, très vives lorsque ces poissons sont jeunes, ont tendance à s’affadir avec les années. De même, l’allure générale des spécimens âgés, semble parfois accuser le poids des ans. Leur silhouette s’épaissit et il semble même que leurs yeux se cernent. Cette espèce ne présente pas de dimorphisme sexuel apparent, hormis lors de la période de frai. C’est seulement à ce moment-là que l’on peut faire la différence entre la papille génitale du mâle (sorte de cône pointu et effilé) et celui de la femelle (cône dont la pointe est tronquée).

Des besoins faciles à satisfaire

Sphaeramia nematoptera est un poisson facile à acclimater et peu sujet aux maladies qui convient bien aux débutants. Il s’adaptera tout autant aux bacs peuplés uniquement de poissons qu’aux reproductions de récifs les plus pointues. En aquarium, pour qu’il se sente à l’aise, on doit le tenir en groupe, ce qui est assez rare pour un poisson récifal. Son comportement extra spécifique est exemplaire. Il ignorera souverainement toute autre espèce de poisson. C’est seulement au moment de la formation des couples que quelques escarmouches entre mâles peuvent avoir lieu. Elles consistent en de courtes poursuites et extensions de nageoires sans conséquences. Tout finit par rentrer rapidement dans l’ordre lorsque la hiérarchie est établie.

Sphaeramia nematoptera vit en petit groupe et non en solitaire
Sphaeramia nematoptera n’est pas un poisson solitaire, il préfère vivre en petit groupe.

Pour leur bien-être, on choisira donc d’héberger un groupe d’au moins 6 individus afin de maximiser ses chances d’obtenir des couples. Pour ce faire, une cuve d’un minimum de 200 litres sera nécessaire. On devra aménager le bac avec des surplombs et des cavernes qui permettront à ces poissons de mœurs nocturnes de pouvoir se protéger de la lumière directe et de jouir d’un peu d’ombre pendant la journée. On évitera d’éclairer le bac avec une lumière trop blanche et trop vive correspondant à un zénith solaire comme celle que peuvent produire certains spots LED actuels. Une variation du spectre durant la journée en qualité et en intensité sera un plus certain. Il sera préférable en tout cas de les régler à des températures de couleur tirant plutôt vers le bleu le matin et le soir.

Les T5 offrent quant à eux une solution alternative élégante car ils ont pour particularité d’émettre un flux lumineux bien mieux réparti et plus doux, plus à même de convenir à ce genre de poisson. Bien sûr, introduire S. nematoptera dans un bac récifal mature comportant de gros massifs de coraux branchus au sein desquels il pourra élire domicile comme il le ferait en milieu naturel constitue un must dont il serait dommage de se priver…

La qualité d’eau doit être dans la moyenne des exigences de l’aquarium marin contemporain. Les critères d’un bac récifal seront encore mieux. Même si S. nematoptera est de ce point de vue un poisson très adaptable, on portera tout de même son attention sur l’oxygénation de l’eau qui devra être bien tamponnée afin d’obtenir un pH au plus près des valeurs naturelles (entre 7,8 et 8,3). La concentration en nitrates et phosphates devra être la moins élevée possible. De nos jours, il est possible de maîtriser ces paramètres et de limiter notamment les excès de nutriments par l’emploi d’un écumeur performant (choisir un appareil aux performances immédiatement supérieures à celles préconisées par le fabricant. Ex : un écumeur prévu pour un aquarium de 500 l sera judicieux avec un bac de 200 l.) ainsi que l’utilisation de résines correctement mises en œuvre. Des changements d’eau partiels et réguliers participeront au maintien de la qualité de l’eau ainsi qu’à l’hygiène du bac. Cela stimulera les envies de reproduction de nos chers pensionnaires.

Sphaeramia nematoptera adulte entre les branches d'un Acropora
Sphaeramia nematoptera adulte entre les branches d’un Acropora, fait plutôt rare en milieu naturel.

Le brassage devra être adapté à ces poissons qui sont de piètres nageurs. Les systèmes générateurs de houle sont une bonne option car ils évitent la multiplication de pompes individuelles générant souvent des flux ponctuels et cisaillant obligeant les poissons à une nage trop intense.

En ce qui concerne les hôtes de ce bac, on évitera à nos apogons des colocataires trop vifs ou qui pourraient les considérer comme des proies éventuelles. Au contraire, on privilégiera des compagnons calmes et de taille comparable comme d’autres espèces d’apogons, des Synchiropus sp. et autres gobies…

A ces planctophages, on pourra offrir sous forme vivante ou surgelée, de petits crustacés comme des artémias, des copépodes, du zooplancton, des œufs de homards etc. Les granulés de bonne qualité, de petits morceaux de moule ou la chair de poisson sont aussi les bienvenus. La seule condition étant d’adapter la taille de ces aliments à la bouche des pensionnaires.

Une bonne qualité d’eau, l’absence de stress ainsi qu’une excellente alimentation mènent inévitablement l’apogon-pyjama à la reproduction.

Sphaeramia nematoptera partage son habitat avec plusieurs apogons dont Ostorhinchus compressus
Sphaeramia nematoptera partage son habitat avec plusieurs espèces d’apogons dont O. compressus.

La reproduction dans la nature

Les grégaires S. nematoptera vivent donc en communautés hiérarchisées de quelques individus. Au sein même de ces groupes, les poissons s’apparient par couples plus ou moins stables. En effet, quelques études scientifiques semblent avoir démontré que certains mâles puissent à l’occasion se reproduire avec d’autres femelles que leur compagne habituelle et ainsi évincer de la procréation des mâles plus faibles. Cela permet un brassage génétique plus important. Il est aussi constaté que les femelles préfèrent les mâles les plus gros à même d’élever le plus grand nombre de larves possibles. En effet, les apogons pyjama sont des incubateurs buccaux paternels. Suite à l’accouplement, les mâles récupèrent les œufs dans leur bouche. Ils cessent alors de se nourrir et doivent donc posséder suffisamment de réserves pour que cette période de jeûne ne leur soit pas préjudiciable. Pendant l’incubation, qui dure environ 7 jours, le mâle tourne et retourne sans cesse dans sa bouche entrouverte une sorte de pelote gélatineuse constituée par les œufs agglutinés.

Sphaeramia nematoptera mâle en incubation buccale, membrane buccale distendue
Sphaeramia nematoptera mâle adulte en incubation : la membrane buccale distendue est bien colorée, empêchant de voir les œufs.

A ce stade, il est un point intéressant à mentionner. Dans un environnement très lumineux, la gorge fortement déployée des mâles pourrait permettre à certains prédateurs de facilement repérer les œufs ou les larves colorés à travers la peau translucide de la gorge. C’est sans compter sur les capacités évolutives de certaines espèces et plus particulièrement de Sphaeramia nematoptera.

En effet, une étude publiée en 2024 a démontré que chez les poissons cardinaux incubateurs buccaux (Apogoninae), dont S. nematoptera, les mâles développent en période de reproduction une zone blanche opaque dans la mandibule inférieure, composée d’iridophores, une sorte de cellules réfléchissantes. Cette coloration spécifique et saisonnière des mâles permet de masquer visuellement le contraste produit par les œufs colorés (orange à noir) contenus dans la bouche, en maintenant une coloration ventrale homogène.

Si la phase d’incubation s’est déroulée sans encombre, c’est au bout de la 8ème nuit que monsieur relâchera les larves qui sont capables de nager en pleine eau.

Elles sont à ce stade, planctoniques, dérivant alors quelques temps dans le courant, au large jusqu’à atteindre une taille et une force de locomotion leur permettant de rejoindre les zones calmes et abritées des mangroves. Là, les juvéniles profitent de l’abondance de micro-crustacés et de l’abri des entrelacs des racines de palétuviers et autres végétaux qui la composent.

Plus tard, ayant suffisamment grandis, ils quitteront la mangrove en se mêlant à des regroupements nocturnes que forment communément d’autres espèces d’apogons. Ils iront alors coloniser les coraux branchus du récif (principalement Porites cylindrica et dans une moindre mesure P. nigrescens et Anacropora sp.) s’épanouissant à proximité. Une fois le groupe formé à l’abri parmi les branches d’un Porites sp. ils ne le quitteront plus et y resteront fidèles jusqu’à la fin de leurs jours.

Sphaeramia nematoptera sub-adultes entre les branches d'un Anacropora
Sphaeramia nematoptera sub-adultes entre les branches d’un Anacropora sp.

La reproduction en aquarium

Vous l’aurez compris, sous réserve de bien respecter les besoins de vos pensionnaires, vous pourrez régulièrement constater que certains de vos mâles sont en phase d’incubation buccale. Là où les choses se compliqueront, c’est quand vous prendrez la décision d’élever ces larves jusqu’à obtenir des adultes capables de se reproduire à leur tour.

La première difficulté est de récupérer le frai incubé par le mâle. Dans un aquarium communautaire, il est illusoire d’arriver à un quelconque résultat car les larves qui sont relâchées pendant la phase nocturne sont quasi intégralement consommées par les autres occupants du bac, coraux compris. Cependant, ces dernières étant quelque peu luciphiles, certains aquariophiles bricoleurs pourraient tenter de mettre en place des pièges lumineux.

Le plus efficace est de transférer le mâle en fin d’incubation dans un aquarium d’élevage dédié. L’incubation dure une semaine à 25°. Il est alors possible de percevoir nettement les yeux des larves lorsque cette dernière touche à sa fin.

Une boule recrachée par ce dernier peut contenir de 2000 à 3000 larves, parfois jusqu’à 5000 qui mesurent entre 2 et 4 mm à la naissance.

On démarre les larves à l’aide d’une culture d’eau verte et de rotifères enrichis. Cependant, les meilleurs résultats ont été constatés avec du plancton naturel récolté en bord de mer. Ceux qui ont cette chance ne doivent pas hésiter à jouer de leurs filets à plancton.

La cuve d’élevage qui doit être d’une hygiène irréprochable sera siphonnée quotidiennement et les rotifères enrichis remplacés régulièrement afin de toujours apporter aux larves une nourriture la plus riche possible. Progressivement, les larves deviennent capables d’ingurgiter des nauplies d’artémias fraîchement écloses ce qui accélère leur croissance. Au bout de 2 semaines, les premières modifications morphologiques apparaissent au niveau de la couleur et des nageoires. Au bout de 21 jours les alevins ressemblent alors à des adultes en miniature. A la fin du premier mois les jeunes poissons mesurent entre 12 et 20 mm. La coloration définitive est acquise au bout de plusieurs mois. S. nematoptera par la facilité d’obtention des larves permet à l’amateur d’apprendre à maîtriser les process d’élevage et de valider la qualité de ses productions de zooplancton.

Au bout du compte, quel plaisir de voir évoluer dans son bac des poissons qu’on a soi-même élevés.

Étymologie

Sphaeramia : « sphaera » (du latin sphaera) signifie « sphère » ou « forme ronde ». « amia » : du grec ancien, utilisé en zoologie pour désigner certains poissons (notamment carnivores ou osseux). Ce suffixe est souvent utilisé dans les noms de poissons. Sphaeramia signifie donc approximativement « poisson rond » ou « poisson de forme sphérique », ce qui évoque la silhouette plutôt trapue ou compacte de ces poissons.

nematoptera : « nemato- » : du grec « nêma », qui signifie « fil » ou « filament ». « ptera » : encore une fois, « ailes » ou « nageoires ». nematoptera signifie donc « à nageoires filiformes », ce qui fait référence à l’extension filamentaire de la 2e nageoire dorsale, caractéristique de l’espèce.

En résumé

Nom scientifiqueSphaeramia nematoptera (Bleeker, 1856)
Nom communApogon pyjama, poisson cardinal pyjama
FamilleApogonidae
Taille adulte6 à 8 cm
Origine géographiqueOcéan Indo-Pacifique tropical (Grande Barrière, Indonésie, Philippines)
Température24 °C à 28 °C
Densité1023 à 1025
Volume minimum200 litres
Type de bacBac récifal de préférence
Mode de vieGrégaire, en groupe
ComportementPaisible
Zone de viePartie supérieure, à l’abri d’un corail branchu
Longévité estimée4 à 5 ans
AlimentationPlanctophage
ReproductionOvipare (ovulipare), incubateur buccal (mâle)
Statut UICNPréoccupation mineure (LC — Least Concern)
Spécimens disponiblesLe plus souvent, capture sur le récif

Information légale

La possession de poissons en aquarium requiert une approche éthique et responsable afin de respecter les animaux. L’acquisition de Sphaeramia nematoptera pour peupler votre aquarium ne doit pas être un achat impulsif. Il est essentiel de s’informer sur ses besoins spécifiques (qualité de l’eau, dimensions de l’aquarium, comportement, alimentation). Soyez vigilants à ne pas le mélanger avec d’autres espèces aux conditions de maintenance trop différentes. Seuls les poissons ayant des exigences similaires de maintenance devraient être maintenus dans un même aquarium. Afin de préserver la vie sauvage, cet animal que vous souhaitez acquérir ne doit jamais être relâché dans un milieu naturel marin tropical.

Texte : Jean-Daniel Galois — Photos : Frédéric Fasquel


📖 Cet article est paru dans AQYA n°2 (septembre 2025). Téléchargez le numéro complet en PDF.